De retour de la Nuit du Hack 2016
Publié le 7 juillet 2016

La quatorzieme édition de la Nuit du Hack vient tout juste de s’achever, et je dois avouer que c’était juste magique. Magique non pas parce que l’évènement était de retour au pays de Mickey, mais par son organisation, ses contenus et les rencontres que l’on y fait. Petit retour à chaud de cette Nuit du Hack 2016.

Les coulisses du vendredi

Je suis arrivé sur place vendredi soir et j’ai rejoint le staff Hackerzvoice qui s’activait pour tout finir de préparer (badges, tours de cou, etc ...). En tant que conférencier, j’ai passé plus de temps sur le polissage de planches comme on dit à l’ANSSI plutôt que sur les derniers préparatifs, ainsi que sur mes démos bancales.
En effet, certaines d’entre elles devaient être testées en conditions réelles, et cela m’a pris quelques heures afin de tout régler (un grand merci à Jonathan pour le coup de main). A 2h30, j’étais couché et fin prêt pour ma présentation.

Enfin, je pensais l’être.

Le Jour J

Samedi matin, après avoir avalé un petit-déjeuner, je me rends au New York Hotel afin de m’imprégner de l’atmosphère du lieu et saluer les premiers arrivés (staff et participants).

C’est l’occasion de se ballader un peu, de découvrir les surprises de l’édition 2016, mais aussi de se poser à nouveau au calme pour repenser un peu les slides. Car après une nuit de réflexion, quelques modifications m’ont semblé utiles. J’apporte ainsi les dernières corrections et boucle la version finale de la présentation.

Je commence à suivre les conférences, bien qu’ayant loupé la keynote de Louis Pouzin. Le talk de Thomas Aubin et Paul Hernault sur la sécurité de Windows 10 et les aspects protection de la vie privée était sympa, avec en prime la démonstration d’une preuve de concept nommée CortaSpoof permettant de limiter la capacité de Microsoft à profiler les utilisateurs de la dernière version de son système d’exploitation. J’ai suivi celui d’Antonio Blanchi sur la participation de l’équipe Shellphish aux différents CTFs d’assez loin, mais les quelques bribes que j’ai pu comprendre m’ont semblé plutôt intéressantes : stratégies de CTF et outils dédiés étaient au programme. Puis ce fut au tour de mon collègue Renaud Lifchitz de démontrer la faiblesse des télécommandes radio employées sur une Set-Top-Box : très instructif et les possibilités offertes sont originales !

Je n’ai pas pu assister à la présentation sur Ethereum, par contre celle sur le piratage des interphones était intéressante : Sébastien Dudek a ainsi démontré que l’on pouvait
prendre le contrôle de ceux-ci en abusant du GSM à l’aide de SDR et de fausse station GSM. Les démonstrations sous forme de vidéo étaient funs et démontraient bien les risques encourus. Toutefois, les bons vieux passes PTT ou le vieillissant système Vigik peuvent être des vecteurs d’intrusion tout aussi efficace, et nécessitant moins de moyens.

La conférence suivante consacrée au crochetage improvisé était tout bonnement impressionnante : c’est exactement ce que j’attendais de celle-ci. Ouverture de cadenas avec des shims fait maison (à la MacGyver), forçage de porte au ceintre, les moyens rudimentaires y étaient et ça fait plaisir de voir une approche pragmatique de l’ouverture de portes et serrures ! C’est la dernière conférence que j’ai pu voir, car je suis allé manger assez tôt afin de terminer les préparatifs matériels de ma présentation (prévue à 21h15). Celle-ci s’est déroulée sans encombre, et j’ai eu plusieurs retours positifs ce qui fait toujours plaisir.

Les workshops

J’ai enchainé rapidement mon talk avec un workshop intitulé "Pimp My Badge", présentant le badge électronique de l’année dernière (à défaut d’en avoir un cette année) et les moyens de le bidouiller. Ca a été l’occasion de mettre un peu à jour la bibliothèque standard et d’ajouter quelques exemples.

Comme chaque année, l’atelier de crochetage de serrures a rencontré un franc succès et nombreux étaient ceux voulant s’y essayer. Didier Stevens, l’auteur de OleDump notamment, animait un workshop sur l’analyse de documents malveillants à l’aide (certainement) de ses outils. Je n’ai pas pu le suivre malheureusement, mais il semblait très intéressant.

La NDH Kids

Contrairement aux années précédentes, je n’ai pas animé d’atelier durant la NDH Kids. Mais j’en ai eu de très bons échos : des collègues et amis ayant participé ou ayant des enfants qui y ont participé en sont revenus ravis. Les ateliers étaient diversifiés : initiation à la cryptographie, programmation de Lego Mindstorms, Initiation à l’électronique et à la soudure électronique, architecture d’un ordinateur, ... Avec en plus des bean bags et une borne d’arcade !

Un grand merci

J’ai passé un excellent moment, à la fois en tant que participant mais aussi en tant que conférencier. Il est bon de retrouver une organisation comme celle de cette édition, fluide et sans accrocs, malgré la paranoia sécuritaire que l’on a pu observer lors de l’arrivée (scans aux rayons X, détecteurs de métaux, fouille de sacs). Et il y avait du Club Mate ! Bref, on remet ça l’année prochaine, et il y aura du lourd, du très très lourd (© Michel & Michel)